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Les documents, bases de données généralistes et actes dont je dispose

500px - Rancourt Cemetary (French Graves) by stevic

Projet Collaboratif d’Indexation d’un Tableau d’Honneur de la Grande Guerre #ProjetTHMPF1418

L’idée

L’idée m’est venue il y a un moment mais j’avais peur que personne ne me suive dans cette aventure. J’en ai toujours peur d’ailleurs mais si je ne le propose pas, il ne se fera jamais. Voilà le projet d’indexation que je souhaite réaliser avec vous : Indexer tous les individus se trouvant dans le Tableau d’Honneur (Morts pour la France) publié en 1921 aux Publications de la Fare et glané au gré de mes recherches sur Gallica.

tableau d'honneurCe projet s’inscrit dans mes objectifs à réaliser pour le centenaire de la Première Guerre Mondiale.

Le Document

Disponible à cette adresse : http://www.genbecle.org/TH/ProjetTHMPF1418.pdf il contient 1000+ pages de soldats, officiers, sous-officiers, Morts Pour la France durant la première guerre mondiale.

La liste a été arrêtée le 15 Juin 1920.

Elle n’est évidemment pas exhaustive des pertes Françaises durant la période 14-18 mais à le mérite de se rappeler au souvenir des soldats listés.

L’Objectif

Créer une liste informatisée de tous les soldats listés dans ce livre de 1000+ pages afin de les rendre facilement accessible depuis le moteur de recherche Google. Les descendants pourront ainsi retrouver la trace de leurs ancêtres via une simple recherche Google qui les mènera vers la page du projet.

La liste sera hébergée sur le web par l’un des membres du collectif, et sous licence creative commons BY SA :

Paternité + Partage dans les mêmes conditions (BY SA) : Le titulaire des droits autorise toute utilisation de l’œuvre originale (y compris à des fins commerciales) ainsi que la création d’œuvres dérivées, à condition qu’elles soient distribuées sous une licence identique à celle qui régit l’œuvre originale. Cette licence est souvent comparée aux licences « copyleft » des logiciels libres. C’est la licence utilisée par Wikipedia.

Chacun sera alors libre de la republier sur n’importe quel support, tant que le collectif est mentionné comme source.

Les Moyens

Il s’agit que nous soyons le plus nombreux possible à réaliser ce projet et je me charge d’en assurer l’organisation. Au plus nous sommes nombreux, au moins nous aurons de pages à indexer et au plus vite nous rendrons les résultats.

Si vous êtes intéressé, je vous propose de laisser votre nom et votre adresse mail dans le formulaire ci-dessous.

Le déroulement

La phase 1 est la création du collectif par le recueil des mails des volontaires, la diffusion du projet sur les réseaux sociaux avec le code #ProjetTHMPF1418. Je prévois une durée d’un mois pour cette phase, le temps de pouvoir toucher le plus grand nombre.

La phase 2 sera la discussion avec l’ensemble du collectif des moyens à mettre en oeuvre pour l’indexation, même si je penche déjà sur un format équivalent excel mais open source, hébergé sur Google Drive.

La phase 3 sera celle de l’indexation à proprement parler.

La phase 4 celle de la diffusion du résultat sur tous les supports gratuits ou payants qui souhaiteront le diffuser.

Les commentaires de cet article sont ouverts à la discussion pour parler du projet.

1897 - goubert & grimaud # 002

Mariage de Jacques Goubert et de Thérèse Grimaud

L’an mil huit cent quatre vingt dix sept et le quatorze janvier a

onze heures du matin. Devant nous Laque Marius, officier

d’académie, Maire et officier de l’état civil de la ville de Bollène, arrondiss-

ement d’Orange, département de Vaucluse sont comparus à l’hôtel de ville

le sieur Grimaud ((Goubert, renvois au mot rayé, lu et approuvé))  Jacques Adrien, sans profession, âgé de vingt

quatre ans révolus, né à Avignon (Vaucluse) le cinq mars mil huit cent

soixante douze ainsi qu’il résulte d’une expédition ci annexée de

l’acte de l’état civil, domicilié à Villeneuve lès Avignon (Gard)

avec son père, fils majeur et légitime de Goubert Léon, propriétaire

domicilié au dit Villeneuve lès Avignon (gard) ici présent et consentant

et de Baumet Catherine, décédée à Avignon (vaucluse) le quatorze

Août mil huit cent soixante dix huit, ainsi que le constate l’expédition

ci annexée de l’acte de l’état civil d’une part. Et la demoiselle

Grimaud Marie Thérèse Françoise, sans profession, âgée de dix

neuf ans révolus, née à Avignon (vaucluse) le onze novembre mil

huit cent soixante dix sept ainsi qu’il résulte d’une expédition ci

annexée de l’acte de l’état civil, domiciliée à Bollène avec ses père

et mère, fille mineure et légitime de Grimaud Zacharie Victor,

négociant, et de Nicolas Joséphine Marie Jeanne, sans profession,

domiciliés à Bollène, ici présents et consentants, d’autre part. Les dits

comparants procédant, le futur avec l’assistance de son père ici présent

et expressément consentant, et la future procédant avec l’assistance de ses

père et mère et ici présents et expressément consentants, nous ont requis de

procéder au mariage projeté entr’eux et dont les publications ont été

faites à Bollène les dimanches trois et dix janvier courant ainsi que le

constate le registre des actes de publications de mariage de cette commune

—–

et à Villeneuve lès Avignon (gard) les mêmes dimanches, ainsi qu’il rés-

d’un certificat ci annexé des publications de mariage délivré par l’offic

de l’état civil de cette commune. Aucun opposition au dit mariage

ne nous ayant été signifiée faisant droit à la réquisition des compara

après avoir donné lecture de toutes les pièces sus mentionnées et du chapitre

six du titre cinq du code civil relatif au mariage, nous avons demandé au

futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et

pour femme. Chacun d’eux séparément nous ayant répondu affirmativ

nous avons déclaré au nom de la loi que Goubert Jacques Adrien

et Grimaud Marie Thérèse Françoise sont unis par le mariage.

Et de même suite conformément à la loi du dix juillet mil huit cent cinqu

nous avons demandé aux époux et à ceux qui les assistent au présent mar

d’avoir à nous dire s’il a été passé un contrat de mariage, ils nous ont

répondu négativement. Dont acte. Fait publiquement en Mairie en présence

des sieurs Grimaud Paul, négociant, âgé de vingt un ans révolus, frère de

l’épouse; Grimaud Noël Léon, ancien secrétaire de mairie, âgé de soixant

dix neuf ans, aïeul paternel de l’épouse; Dalteyrac Hippolyte, bourrelier,

âgé de trente cinq ans, cousin germain de l’épouse, et Mo[...]u Alexandre,

ancien huissier, âgé de trente ans, ami commun des époux; tous les quatre

témoins domiciliés à Bollène, lesquels ont signé le présent acte avec nous

ainsi que les époux et les autres parties après lecture faite.

 

 

500px - Rancourt Cemetary (French Graves) by stevic

Tableau d’Honneur de la Fare – Morts pour la France

Parmi tous les tableaux d’honneur de la grande guerre (1914-1918), en voici un tiré de Gallica. Il présente essentiellement des officiers et des sous-officiers, Morts pour la France, issus de familles bourgeoises.

Montaigut-le-Blanc_plaque_cimetiere_0707

Si vous avez des questions sur votre ancêtre, posez-moi vos questions dans les commentaires.

J’essaierai d’indexer ce document à terme. En attendant n’hésitez pas à télécharger ces 1100 pages de données !

A

Robert Roger Mathias AARON étudiant en médecine, engagé volontaire, brigadier au 8è chasseurs à cheval.
Jean-Roland de BORDENAVE d’ABARTIAGUE caporal pilote aviateur
Marc Antoine d’ABBADIE D’ARRAST lieutenant au 18è d’Infanterie
Guilhem d’ABBADIE D’ARRAST engagé volontaire

Etat Civil de Frontignan : Les Argellies à partir de 1665

Voici mon travail de ce Week-End et quelques jours  : lister les naissances, les mariages et les décès des Argelliès de Frontignan. Il reste certainement des trous que je viendrai combler au fur et à mesure mais tout mettre dans l’ordre, recréer les familles me prendra beaucoup de temps, et je vous tiendrai au courant des avancements.

Cliquez sur la flèche en haut à droite pour voir en plein écran ou sur « menu » pour télécharger.

NB : ce document n’est plus mis à jour depuis avril 2012 : il va être intégralement basculé sur un fichier gedcom et publié sur gw.geneanet.org/clementbecle d’ici quelques semaines. 

abbé argelliès 2

Les hommages à l’Abbé Argelliès (par l’Abbé Adolphe Auguste Roüet)

Les hommages à l’Abbé Argelliès sont retrouvés dans l’ouvrage Vie de l’abbé Martin (d’Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, (par l’Abbé Adolphe Auguste Roüet) (.pdf) disponible en pdf en cliquant sur le lien précédent.

M. L’ABBÉ ARGELLIÈS

Curé de Frontignan

Cette année n’est pas encore arrivée à son terme et déjà la mort a frappé trois et quatre fois des coups violents et inattendus sur des membres éminents de notre corps sacerdotal. Qui ne s’est pas associé au deuil général et public en apprenant, à des intervalles
très-rapprochés, la mort regrettable de MM. les curés Argelliès , Gay, Martin ( d’Agde ) et de M. Tabbé Seyvon, vicaire général * ?

* Combien d’autres prêtres, dignes d’éloge, pourraient figurer dans cette nomenclature des huit dernières années ! Nous n’avons pas connu tous ceux dont la vie aurait pu être écrite, et dont la mémoire ne cessera d*être en bénédiction dans le diocèse. Nous mentionnerons seulement M. Vèrnières, curé-doyen de Gapestang, homme dont la vivacité de la foi n’était égalée que
par Taustérité de la vie ; le Père Audouard, originaire d*Agde qui embaumait du parfum de ses vertus la maison des jésuites de Montpellier; M. Alauzet, ancien directeur au Grand Séminaire, dont le talent et la piété ont laissé dans le cœur de ses élèves d’impérissables souvenirs ; M. Roux (Henri), docteur en théologie, aussi modeste qu’il était savant; M. Montels, curé de Lansargues, que Ms^ Thibault proclamait le premier de ses
succursalistes ; et enfin le Père Dom Martin qui, au fond de l’humble solitude de Mougères, pendant plus de trente ans, édifia par la sérénité de son ascétisme les nombreux prêtres qui le visitaient, conme il les dirigeait par ses conseils.

Prêtres de Montpellier et du diocèse, si vous
aimez votre pays avec la même unanimité de sentiments que vous aimez TEglise, vous avez versé des larmes, et la plaie de vos cœurs n’est pas encore cicatrisée. Ceux dont nous pleurons la perte récente n’étaient-ils pas nos guides, nos maîtres les plus éclairés et nos amis les plus bienveillants? Us sont
morts, comme doit mourir tout prêtre imitateur de Jésus-Christ, renouvelant, à cette heure suprême, le fiât de Gethsémani et le consummatum est du Calvaire. Us nous ont ainsi légué toute Tédification qu’on espère trouver auprès d’un prêtre mourant.

Le lendemain de la mort de M. le curé Argelliès, le Messager du Midi consacrait à sa mémoire l’article suivant, qui révèle la plume et le cœur dévoué d’un excellent ami :

« La ville de Frontignan et le clergé diocésain viennent de faire une perte douloureuse dans la personne du vénérable abbé Argelliès, décédé avant-hier % à la suite d’une courte maladie.» Grand canoniste, profond théologien, M. Argel- liès unissait à un vaste savoir toutes les vertus du
saint prêtre. On le consultait pour ses lumières, on l’aimait surtout pour sa modestie, sa douceur inalté- rable, l’aménité ravissante de son caractère, sa piété si sincère et si tendre, sa charité sans bornes et son dévouement à toute épreuve pour ses frères dans le sacerdoce. Nommé, jeune encore, vicaire général d’Angoulême, il préféra à ces fonctions élevées la plus humble position dans son diocèse. Les paroisses qu’il a successivement desservies ont conservé un
souvenir ineffaçable de ses enseignements et de ses exemples. Au concile d’Avignon, où il accompagna M«’ Thibault, il se fit remarquer par la précision de sa doctrine et^^la sagesse de son esprit. A Rome, où il n’était pas inconnu, le Saint-Père daigna l’accueil-
lir avec une bienveillance particulière. Curé deFrontignan, sa ville natale, par une rare exception à l’antique proverbe. Nul n^est prophète dans son pays il sut se concilier la confiance, la vénération, l’affection de tous. Ses concitoyens étaient fiers de lui; ils l’admiraient autant qu’ils le chérissaient.
Aussi sa mort prématurée est-elle, parmi eux, l’objet d’unanimes et profonds regrets, auxquels s’associeront, nous n’en doutons pas, tous ceux qui ont connu M. Argelliès. »

Quelques jours après, un journal religieux de
Montpellier* ajoutait ces détails, qu’on lui avait transmis de Frontignan :

Samedi, 11 janvier, à midi, la ville de Frontignan célébrait les funérailles de son vénérable curé, M. Tabbé Argelliès. Nous renonçons à rendre la manifestation de l’immense douleur qui éclata dans
tous les rangs d’une population hier encore si heu- reuse et si fière, quand la nouvelle de la terrible catastrophe vint troubler son repos,

» Malgré l’heure avancée, et sans tenir compte
des rigueurs extraordinaires de la saison, on la vit accourir de tous les points de la cité jusqu’au lit où l’homme de Dieu venait de rendre le dernier soupir, se partageant les moindres petits objets qu’il avait
touchés, et qui allaient devenir pour tous des reliques précieuses. Mais là ne devaient pas s’arrêter les témoignages de la piété filiale ; ils se multiplièrent jusqu’au dernier moment des obsèques, lorsque le corps du défunt, déposé au milieu d’une chapelle ardente, dans le sanctuaire, fut présenté à la vénéra-
tion de tous ses enfants. Qui pourrait dire le nombre de tous les objets de piété qu’une tendre dévotion mettait en contact avec ces restes sacrés, d’où semblaient sortir une vertu et une bénédiction particulières pour les familles auxquelles le prêtre fidèle
avait fait tant de bien pendant sa vie? Telle est la confiance que les saintes qualités de l’abbé Argelliès surent inspirer à tous ceux qui furent assez heureux pour en connaître le prix. Aussi, longtemps avant l’heure des obsèques, la vaste nef était trop
étroite pour contenir les flots de la population locale, à laquelle venait se joindre une multitude d’étran- gers. Plusieurs ecclésiastiques de Montpellier, de Cette, de Béziers, et les curés du canton de Frontignan, apportaient leur concours aux confréries, aux
congrégations religieuses de la paroisse, aux autorités civiles, pour donner à la cérémonie un caractère de solennelle grandeur ; et ce ne fut pas sans attendrissement qu’on vit de nombreuses députations de Balaruc, de Montbazin et de la Peyrade, se montrer
jalouses de partager avec nous ce pieux devoir et prouver combien elles gardaient le souvenir inalté-rable de la science et de la charité de leur ancien pasteur.

w Quand le cortège se mit en marche à travers les rues silencieuses de la cité, une vive émotion gagna tous les cœurs à la vue de cette foule recueillie, de ces visages baignés de pleurs, de ces poitrines hale-
tantes que soulevaient les soupirs et les sanglots, et il n’était pas difficile de se convaincre que celui au-
quel s’adressait un pareil tribut de larmes universelles devait être l’orgueil et la gloire de sa famille, le conseil des affligés, l’ange gardien des petits enfants, la providence des pauvres, l’appui des faibles,
une lumière pour ses confrères dans le sacerdoce et pour tous : en un mot, un père, un ami et un bienfaiteur.

» Nous espérions qu’à la fin de la messe M. l’abbé Martin, curé de Saint>-Denis, prononcerait l’oraison funèbre. Ce digne ecclésiastique, vivement sollicité,
a persisté dans son refus, motivé sur les règlements actuels, qui défendent aux prêtres de prononcer oraison funèbre de leurs confrères décèdes, à moins
d’autorisation*.

A défaut du prêtre, nous avons entendu le magistrat M. Bellonnet, maire de Frontignan, nous a dédommagés un peu de notre es^iérance déçue, par un magnifique discours. Il appartenait à ce digne ami du vénérable défunt de nous faire sentir, avec son cœur, combien grande est la perte que viennent de faire la ville de Frontignan, le diocèse de Montpellier et le clergé de France.

» Ce remarquable discours est la meilleure notice biographique. Nous le reproduisons tout entier :

Messieurs,

» Je viens, comme magistrat, apporter devant
» cette tombe les regrets de toute la population, et, comme ami, dire un dernier adieu, payer un juste
» tribut d’affection et de reconnaissance à Thomme éminent, au pasteur vénéré que la mort nous a ravi.

» Retracer, comme il conviendrait de le faire,
5» l’existence de cet homme de bien, serait une tâche au-dessus de mes forces; d’ailleurs, mon émotion est trop grande en ce moment. Je me bornerai à en rappeler les traits principaux :

Frédéric-Napoléon Argelliès naquit à Frontignan en 1804. Dès son enfance, il montra- des aptitudes particulières et une vocation marquée pour le sacerdoce. Je ne mentionnerai aucun fait le concernant depuis son entrée au Séminaire jusqu’à Tépoque de son ordination; je ne dirai rien non plus du peu de temps de son vicariat, sinon qu’il se fit remarquer par sa douceur, sa modestie et Taménité de son caractère. Ces qualités disposaient en sa faveur tous ceux qui rapprochaient elles le désignèrent, alors qu’il n’avait encore que vingt-sept ans, au choix de ses supérieurs pour la cure de Balaruc-les-Bains.

Dès cette époque, le jeune curé, qui avait tourjours aimé passionnément l’étude, s’y livra avec une nouvelle ardeur; mais, comprenant aussi les grands devoirs de sa nouvelle charge, il commença cette vie d’abnégation, de charité et de sacrifice que rien n’a pu égaler, si ce n’est, plus tard, une érudition profonde et des vertus qui en ont fait le plus vénéré, le plus regretté des pasteurs.

Si modeste que soit le vrai mérite, il est des
hommes qui savent le découvrir, et plusieurs personnages de distinction, que les circonstances avaient mis en rapport avec le curé de Balaruc, lui vouèrent une respectueuse et tendre amitié.

Les soins et les devoirs difficiles du ministère, qu’il accomplissait avec un zèle et un dévouement qui ^ne seront point surpassés, ne constituaient pas un élément suffisant pour cette nature vraiment douée de prodigieuses facultés : il fallait à cet esprit d’élite un champ plus vaste. Alors il se livra à l’étude de la théologie dans les sphères les plus
» élevées. TravaiDeur doué d’une intelligence remarquable, d’une mémoire étonnante et d’une
n perspicacité rare, il apprit, sans le secours d’un maître, la langue grecque, les notions de l’hébreu, étudia avec succès les sciences les plus abstraites, et marqua ainsi cette première étape, d’où il aurait pu sortir pour aller dans un palais d’évêque avec le titre de grand vicaire, s’il n’avait préféré rester auprès de sa vieille mère et de sa famille, dont il a toujours été, à si juste titre, l’orgueil et la consolation.

Après dix ans de sacerdoce, c’est-à-dire après
» dix ans de charité, de bons exemples et de services rendus, alors qu’il était dans toute la maturité de son immense érudition, il fut appelé au poste de Montbazin. Il y arriva précédé de la réputation d’un saint et d’un savant; cette réputation grandit encore avec le zèle qu’il mit à soulager toutes
» les misères, à servir les pauvres et les malheureux.

S’il grandissait en renommée, il grandissait également en science, et M.^ l’évêque de Montpellier en fît, en plusieurs circonstances, un de ses conseillers intimes. Il accompagna M*’ Thibault au concile d’Avignon, et je puis dire avec orgueil qu’il en fut une des principales lumières, et que les éminents prélats qui y étaient assemblés furent émerveillés de tant de science unie à
1» tant de simplicité et de modestie.

Voilà, Messieurs, la plus grande et la plus puissanté consécration des talents et des vertus de notre vénérable curé.

n nous était réservé à nous, ses concitoyens,
qu’il appelait ses enfants, de pouvoir apprécier de plus près les qualités éminentes de M. Argelliès.

Nommé curé-doyen de Frontignan en 1851, il a
su, dans une période de dix-huit ans, s’attirer les sympathies et l’admiration de toutes les personnes qui l’ont connu.

Avec quelle paternelle bonté n’accueillait-il pas nos moindres désirs? Qui de nous, dans des moments de peine, après avoir conversé avec lui, n’est pas revenu consolé et le cœur tranquille?
Combien de misères n’a-t-il pas su soulager, et combien de familles ne lui doivent-elles pas leur repos? Avec quelle main habile ne savait-il pas panser nos blessures?…

Nous avons tous présentes à la mémoire ses prédications si saintes et si substantielles. Se mettant à la portée de toutes les intelligences, il faisait comprendre les grandes vérités de la religion qui moralisent la société ; sa parole claire, précise et pénétrante, allait jusqu’au fond de nos cœurs;
elle réveillait et faisait croître le germe du bien. Ferme et inébranlable dans ses convictions, ne se laissant arrêter par aucune considération terrostre, il mettait son talent au service des causes justes, et Tun des plus grands orateurs de notre siècle a eu recours au modeste curé de Frontignan pour la solution de questions complexes de théologie et de droit canon. Aussi Pillustre père Ventura,
» qui l’honora de son amitié, proclamait-il hautement qu’il y avait, entre Cette et Montpellier, un curé de campagne qui était rhonneur du clergé français. Ces éloges, venus de si haut, nous causaient une très-grande joie, et nous étions fiers qu’un de nos concitoyens les eût mérités.

Mais ce n’est pas impunément qu’on peut, pen-dant trente-cinq ans, se livrer avec un zèle d’apôtre à l’exercice du saint ministère; ce n’est pas impunément qu’on passe ses veilles à pâlir sur les livres ; les forces physiques ont des limites. Et cependant nous voyions notre vénérable curé franchir les Alpes et les Apennins pour aller déposer
aux pieds du Souverain Pontife son hommage de
gratitude et de vénération.

Il était connu à Rome : la fermeté, la droiture de son caractère et son dévouement au Siège apostolique avaient été appréciés, et l’accueil distingué qu’il reçut de Pie IX fut pour lui la plus douce des consolations, comme les félicitations écrites que le Saint-Père lui avait adressées furent le legs le plus précieux qu’il laisse à sa famille.

Je m’arrête, moi qu’il connaissait et qu’il voulait bien honorer d’une amitié particulière; je crains, même en présence de sa tombe, par respect pour son humilité et pour sa modestie, de rappeler toutes ses vertus. Je laisse à la population qui le pleure le soin de les énumérer.

Debout au chevet d’un moribond, qu’il soignait
et qu’il consolait, il sent lui-même les premières atteintes de la mort, et, comme pour consommer son sacrifice, il va s’unir au Dieu qui l’appelle dans l’éternité. Intrépide soldat de la foi, il est tombé, sainte victime de sa charité et de son dévouement; il est mort au champ d’honneur, après avoir traversé le monde en faisant le bien.

Nous vous quittons, vénérable ami. Adieu ! La
terre gardera vos dépouilles, mais vos vertus continueront à planer sur Frontignan, et, retiré dans le sein de Dieu, vous veillerez encore au bonheur et au salut de vos enfants. »