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Très souvent, au fil des recherches, on retrouve des discours prononcés pour nos ancêtres. Les voici.

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Les hommages à l’Abbé Argelliès (par l’Abbé Adolphe Auguste Roüet)

Les hommages à l’Abbé Argelliès sont retrouvés dans l’ouvrage Vie de l’abbé Martin (d’Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, (par l’Abbé Adolphe Auguste Roüet) (.pdf) disponible en pdf en cliquant sur le lien précédent.

M. L’ABBÉ ARGELLIÈS

Curé de Frontignan

Cette année n’est pas encore arrivée à son terme et déjà la mort a frappé trois et quatre fois des coups violents et inattendus sur des membres éminents de notre corps sacerdotal. Qui ne s’est pas associé au deuil général et public en apprenant, à des intervalles
très-rapprochés, la mort regrettable de MM. les curés Argelliès , Gay, Martin ( d’Agde ) et de M. Tabbé Seyvon, vicaire général * ?

* Combien d’autres prêtres, dignes d’éloge, pourraient figurer dans cette nomenclature des huit dernières années ! Nous n’avons pas connu tous ceux dont la vie aurait pu être écrite, et dont la mémoire ne cessera d*être en bénédiction dans le diocèse. Nous mentionnerons seulement M. Vèrnières, curé-doyen de Gapestang, homme dont la vivacité de la foi n’était égalée que
par Taustérité de la vie ; le Père Audouard, originaire d*Agde qui embaumait du parfum de ses vertus la maison des jésuites de Montpellier; M. Alauzet, ancien directeur au Grand Séminaire, dont le talent et la piété ont laissé dans le cœur de ses élèves d’impérissables souvenirs ; M. Roux (Henri), docteur en théologie, aussi modeste qu’il était savant; M. Montels, curé de Lansargues, que Ms^ Thibault proclamait le premier de ses
succursalistes ; et enfin le Père Dom Martin qui, au fond de l’humble solitude de Mougères, pendant plus de trente ans, édifia par la sérénité de son ascétisme les nombreux prêtres qui le visitaient, conme il les dirigeait par ses conseils.

Prêtres de Montpellier et du diocèse, si vous
aimez votre pays avec la même unanimité de sentiments que vous aimez TEglise, vous avez versé des larmes, et la plaie de vos cœurs n’est pas encore cicatrisée. Ceux dont nous pleurons la perte récente n’étaient-ils pas nos guides, nos maîtres les plus éclairés et nos amis les plus bienveillants? Us sont
morts, comme doit mourir tout prêtre imitateur de Jésus-Christ, renouvelant, à cette heure suprême, le fiât de Gethsémani et le consummatum est du Calvaire. Us nous ont ainsi légué toute Tédification qu’on espère trouver auprès d’un prêtre mourant.

Le lendemain de la mort de M. le curé Argelliès, le Messager du Midi consacrait à sa mémoire l’article suivant, qui révèle la plume et le cœur dévoué d’un excellent ami :

« La ville de Frontignan et le clergé diocésain viennent de faire une perte douloureuse dans la personne du vénérable abbé Argelliès, décédé avant-hier % à la suite d’une courte maladie.» Grand canoniste, profond théologien, M. Argel- liès unissait à un vaste savoir toutes les vertus du
saint prêtre. On le consultait pour ses lumières, on l’aimait surtout pour sa modestie, sa douceur inalté- rable, l’aménité ravissante de son caractère, sa piété si sincère et si tendre, sa charité sans bornes et son dévouement à toute épreuve pour ses frères dans le sacerdoce. Nommé, jeune encore, vicaire général d’Angoulême, il préféra à ces fonctions élevées la plus humble position dans son diocèse. Les paroisses qu’il a successivement desservies ont conservé un
souvenir ineffaçable de ses enseignements et de ses exemples. Au concile d’Avignon, où il accompagna M«’ Thibault, il se fit remarquer par la précision de sa doctrine et^^la sagesse de son esprit. A Rome, où il n’était pas inconnu, le Saint-Père daigna l’accueil-
lir avec une bienveillance particulière. Curé deFrontignan, sa ville natale, par une rare exception à l’antique proverbe. Nul n^est prophète dans son pays il sut se concilier la confiance, la vénération, l’affection de tous. Ses concitoyens étaient fiers de lui; ils l’admiraient autant qu’ils le chérissaient.
Aussi sa mort prématurée est-elle, parmi eux, l’objet d’unanimes et profonds regrets, auxquels s’associeront, nous n’en doutons pas, tous ceux qui ont connu M. Argelliès. »

Quelques jours après, un journal religieux de
Montpellier* ajoutait ces détails, qu’on lui avait transmis de Frontignan :

Samedi, 11 janvier, à midi, la ville de Frontignan célébrait les funérailles de son vénérable curé, M. Tabbé Argelliès. Nous renonçons à rendre la manifestation de l’immense douleur qui éclata dans
tous les rangs d’une population hier encore si heu- reuse et si fière, quand la nouvelle de la terrible catastrophe vint troubler son repos,

» Malgré l’heure avancée, et sans tenir compte
des rigueurs extraordinaires de la saison, on la vit accourir de tous les points de la cité jusqu’au lit où l’homme de Dieu venait de rendre le dernier soupir, se partageant les moindres petits objets qu’il avait
touchés, et qui allaient devenir pour tous des reliques précieuses. Mais là ne devaient pas s’arrêter les témoignages de la piété filiale ; ils se multiplièrent jusqu’au dernier moment des obsèques, lorsque le corps du défunt, déposé au milieu d’une chapelle ardente, dans le sanctuaire, fut présenté à la vénéra-
tion de tous ses enfants. Qui pourrait dire le nombre de tous les objets de piété qu’une tendre dévotion mettait en contact avec ces restes sacrés, d’où semblaient sortir une vertu et une bénédiction particulières pour les familles auxquelles le prêtre fidèle
avait fait tant de bien pendant sa vie? Telle est la confiance que les saintes qualités de l’abbé Argelliès surent inspirer à tous ceux qui furent assez heureux pour en connaître le prix. Aussi, longtemps avant l’heure des obsèques, la vaste nef était trop
étroite pour contenir les flots de la population locale, à laquelle venait se joindre une multitude d’étran- gers. Plusieurs ecclésiastiques de Montpellier, de Cette, de Béziers, et les curés du canton de Frontignan, apportaient leur concours aux confréries, aux
congrégations religieuses de la paroisse, aux autorités civiles, pour donner à la cérémonie un caractère de solennelle grandeur ; et ce ne fut pas sans attendrissement qu’on vit de nombreuses députations de Balaruc, de Montbazin et de la Peyrade, se montrer
jalouses de partager avec nous ce pieux devoir et prouver combien elles gardaient le souvenir inalté-rable de la science et de la charité de leur ancien pasteur.

w Quand le cortège se mit en marche à travers les rues silencieuses de la cité, une vive émotion gagna tous les cœurs à la vue de cette foule recueillie, de ces visages baignés de pleurs, de ces poitrines hale-
tantes que soulevaient les soupirs et les sanglots, et il n’était pas difficile de se convaincre que celui au-
quel s’adressait un pareil tribut de larmes universelles devait être l’orgueil et la gloire de sa famille, le conseil des affligés, l’ange gardien des petits enfants, la providence des pauvres, l’appui des faibles,
une lumière pour ses confrères dans le sacerdoce et pour tous : en un mot, un père, un ami et un bienfaiteur.

» Nous espérions qu’à la fin de la messe M. l’abbé Martin, curé de Saint>-Denis, prononcerait l’oraison funèbre. Ce digne ecclésiastique, vivement sollicité,
a persisté dans son refus, motivé sur les règlements actuels, qui défendent aux prêtres de prononcer oraison funèbre de leurs confrères décèdes, à moins
d’autorisation*.

A défaut du prêtre, nous avons entendu le magistrat M. Bellonnet, maire de Frontignan, nous a dédommagés un peu de notre es^iérance déçue, par un magnifique discours. Il appartenait à ce digne ami du vénérable défunt de nous faire sentir, avec son cœur, combien grande est la perte que viennent de faire la ville de Frontignan, le diocèse de Montpellier et le clergé de France.

» Ce remarquable discours est la meilleure notice biographique. Nous le reproduisons tout entier :

Messieurs,

» Je viens, comme magistrat, apporter devant
» cette tombe les regrets de toute la population, et, comme ami, dire un dernier adieu, payer un juste
» tribut d’affection et de reconnaissance à Thomme éminent, au pasteur vénéré que la mort nous a ravi.

» Retracer, comme il conviendrait de le faire,
5» l’existence de cet homme de bien, serait une tâche au-dessus de mes forces; d’ailleurs, mon émotion est trop grande en ce moment. Je me bornerai à en rappeler les traits principaux :

Frédéric-Napoléon Argelliès naquit à Frontignan en 1804. Dès son enfance, il montra- des aptitudes particulières et une vocation marquée pour le sacerdoce. Je ne mentionnerai aucun fait le concernant depuis son entrée au Séminaire jusqu’à Tépoque de son ordination; je ne dirai rien non plus du peu de temps de son vicariat, sinon qu’il se fit remarquer par sa douceur, sa modestie et Taménité de son caractère. Ces qualités disposaient en sa faveur tous ceux qui rapprochaient elles le désignèrent, alors qu’il n’avait encore que vingt-sept ans, au choix de ses supérieurs pour la cure de Balaruc-les-Bains.

Dès cette époque, le jeune curé, qui avait tourjours aimé passionnément l’étude, s’y livra avec une nouvelle ardeur; mais, comprenant aussi les grands devoirs de sa nouvelle charge, il commença cette vie d’abnégation, de charité et de sacrifice que rien n’a pu égaler, si ce n’est, plus tard, une érudition profonde et des vertus qui en ont fait le plus vénéré, le plus regretté des pasteurs.

Si modeste que soit le vrai mérite, il est des
hommes qui savent le découvrir, et plusieurs personnages de distinction, que les circonstances avaient mis en rapport avec le curé de Balaruc, lui vouèrent une respectueuse et tendre amitié.

Les soins et les devoirs difficiles du ministère, qu’il accomplissait avec un zèle et un dévouement qui ^ne seront point surpassés, ne constituaient pas un élément suffisant pour cette nature vraiment douée de prodigieuses facultés : il fallait à cet esprit d’élite un champ plus vaste. Alors il se livra à l’étude de la théologie dans les sphères les plus
» élevées. TravaiDeur doué d’une intelligence remarquable, d’une mémoire étonnante et d’une
n perspicacité rare, il apprit, sans le secours d’un maître, la langue grecque, les notions de l’hébreu, étudia avec succès les sciences les plus abstraites, et marqua ainsi cette première étape, d’où il aurait pu sortir pour aller dans un palais d’évêque avec le titre de grand vicaire, s’il n’avait préféré rester auprès de sa vieille mère et de sa famille, dont il a toujours été, à si juste titre, l’orgueil et la consolation.

Après dix ans de sacerdoce, c’est-à-dire après
» dix ans de charité, de bons exemples et de services rendus, alors qu’il était dans toute la maturité de son immense érudition, il fut appelé au poste de Montbazin. Il y arriva précédé de la réputation d’un saint et d’un savant; cette réputation grandit encore avec le zèle qu’il mit à soulager toutes
» les misères, à servir les pauvres et les malheureux.

S’il grandissait en renommée, il grandissait également en science, et M.^ l’évêque de Montpellier en fît, en plusieurs circonstances, un de ses conseillers intimes. Il accompagna M*’ Thibault au concile d’Avignon, et je puis dire avec orgueil qu’il en fut une des principales lumières, et que les éminents prélats qui y étaient assemblés furent émerveillés de tant de science unie à
1» tant de simplicité et de modestie.

Voilà, Messieurs, la plus grande et la plus puissanté consécration des talents et des vertus de notre vénérable curé.

n nous était réservé à nous, ses concitoyens,
qu’il appelait ses enfants, de pouvoir apprécier de plus près les qualités éminentes de M. Argelliès.

Nommé curé-doyen de Frontignan en 1851, il a
su, dans une période de dix-huit ans, s’attirer les sympathies et l’admiration de toutes les personnes qui l’ont connu.

Avec quelle paternelle bonté n’accueillait-il pas nos moindres désirs? Qui de nous, dans des moments de peine, après avoir conversé avec lui, n’est pas revenu consolé et le cœur tranquille?
Combien de misères n’a-t-il pas su soulager, et combien de familles ne lui doivent-elles pas leur repos? Avec quelle main habile ne savait-il pas panser nos blessures?…

Nous avons tous présentes à la mémoire ses prédications si saintes et si substantielles. Se mettant à la portée de toutes les intelligences, il faisait comprendre les grandes vérités de la religion qui moralisent la société ; sa parole claire, précise et pénétrante, allait jusqu’au fond de nos cœurs;
elle réveillait et faisait croître le germe du bien. Ferme et inébranlable dans ses convictions, ne se laissant arrêter par aucune considération terrostre, il mettait son talent au service des causes justes, et Tun des plus grands orateurs de notre siècle a eu recours au modeste curé de Frontignan pour la solution de questions complexes de théologie et de droit canon. Aussi Pillustre père Ventura,
» qui l’honora de son amitié, proclamait-il hautement qu’il y avait, entre Cette et Montpellier, un curé de campagne qui était rhonneur du clergé français. Ces éloges, venus de si haut, nous causaient une très-grande joie, et nous étions fiers qu’un de nos concitoyens les eût mérités.

Mais ce n’est pas impunément qu’on peut, pen-dant trente-cinq ans, se livrer avec un zèle d’apôtre à l’exercice du saint ministère; ce n’est pas impunément qu’on passe ses veilles à pâlir sur les livres ; les forces physiques ont des limites. Et cependant nous voyions notre vénérable curé franchir les Alpes et les Apennins pour aller déposer
aux pieds du Souverain Pontife son hommage de
gratitude et de vénération.

Il était connu à Rome : la fermeté, la droiture de son caractère et son dévouement au Siège apostolique avaient été appréciés, et l’accueil distingué qu’il reçut de Pie IX fut pour lui la plus douce des consolations, comme les félicitations écrites que le Saint-Père lui avait adressées furent le legs le plus précieux qu’il laisse à sa famille.

Je m’arrête, moi qu’il connaissait et qu’il voulait bien honorer d’une amitié particulière; je crains, même en présence de sa tombe, par respect pour son humilité et pour sa modestie, de rappeler toutes ses vertus. Je laisse à la population qui le pleure le soin de les énumérer.

Debout au chevet d’un moribond, qu’il soignait
et qu’il consolait, il sent lui-même les premières atteintes de la mort, et, comme pour consommer son sacrifice, il va s’unir au Dieu qui l’appelle dans l’éternité. Intrépide soldat de la foi, il est tombé, sainte victime de sa charité et de son dévouement; il est mort au champ d’honneur, après avoir traversé le monde en faisant le bien.

Nous vous quittons, vénérable ami. Adieu ! La
terre gardera vos dépouilles, mais vos vertus continueront à planer sur Frontignan, et, retiré dans le sein de Dieu, vous veillerez encore au bonheur et au salut de vos enfants. »

Allocution du général Weygand lors des obsèques du général Naulin, ou l’histoire d’un soldat durant la première guerre mondiale

En généalogie, on retrouve parfois des discours, des hommages qui nous permettent d’en savoir un peu plus sur la vie du défunt. Bien sûr, comme tout hommage, il ne relate qu’une partie de la vie de l’individu, et bien souvent que les aspects glorieux et très positifs. Continue la lecture

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Discours lors du décès de François ETIENNE, maire de Saignon (84) de 1904 à 1908

« A Etienne François—

Un deuil cruel, plus cruel d’être si imprévu et si prématuré, frappe aujourd’hui la commune de Saignon. Dans la personne de Etienne François emporté à l’âge de 64 ans, en pleine puissance de vie, la commune perd un de ses serviteurs les plus fidèles et nous tous habitants et amis, nous pleurons le camarade le plus exquis, l’ami le plus sur et le plus dévoué.

Nous hésitons tous à admettre et à croire que cet homme que nous croyions il y a seulement quelques semaines, si confiant et si alerte soit celui qui repose dans l’éternel sommeil. Il était là au milieu de nous, exerçant avec sa souriante bonne humeur son activité coutumière, la franchise de son sourire et sa parole d’encouragement étaient un précieux réconfort pour ceux qui l’approchaient, cela nous paraissait avoir d’indéfinis lendemains.

Aujourd’hui il est couché là, immobile dans la gravité solennelle de l’éternel repos. A notre douleur se mêle de la stupeur et dans nos regrets il nous parait monter une protestation. Vanité des révoltes humaines qui doit se courber devant l’inflexible et poignante réalité; nous ne le reverrons plus.

Pourquoi retracerai-je ici les étapes de la vie de Etienne François, elles nous sont connues à tous : Appelé jeune encore à diriger plusieurs exploitations agricoles, il sut par son tact, par sa connaissance dans la valeur du travail garder auprès de lui, pendant toute sa vie, non pas des serviteurs mais les mêmes collaborateurs.

Excellent père d’une famille de cinq enfants, tous élevés dans le travail et la vénération.

Maire de la commune de Saignon de 1904 à 1908, succédant à M. Donat, son beau-père, il sut par son impartialité, sa précision dans le jugement, son administration intelligente, acquérir cette confiance qui ne lui a jamais fait défaut. Sollicité en 1908 pour continuer les fonctions qu’il avait si sagement remplies pendant quatre ans, il déclina cette offre pour une raison entre toutes sublime et généreuse, c’est qu’il voulait se consacrer plus entièrement à sa famille.
Mobilisé pendant la guerre avec les vieilles classes, il ne dut qu’à son ancienneté de ne pas prendre part aux opérations.

Partout ici Etienne François ne comptait que des amis; c’est qu’il était la bonté même. Elle rayonnait cette bonté, de son beau regard affectueux et bienveillant, de son charmant sourire, de sa poignée de main qui se desserrait comme un regret.

Nous n’apercevions jamais un mouvement d’humeur et je me répète en disant que l’on ne se séparait point sans emporter le réconfort d’une bonne parole souvant suivie d’une bonne action.

Il aimait à faire plaisir, il plaçait sa foi dans le fait de rendre service et sa façon d’obliger relever encore le prix de son obligeance.

L’agrément de ses manières, la distinction de sa réserve, la bonhommie avec laquelle il accueillait le passage de tous les enfants de la commune, prodiguant à chacun d’eux la parole ou le geste qui allait faire éclater leur foi comme il avait fait à nous-mêmes alors que nous étions de leurs âges faisait de lui le plus séduisant des amis. Mais aucune de ces vertus aimables n’égalait son inflexible et scrupuleuse droiture.

Homme de coeur, d’esprit et de droiture Etienne François était l’honnête homme dans la forte acceptons que nous aimions à donner à terme.

Oui, il fut tout cela, et j’en atteste cette douleur qui étreint chacun de nous, j’en prends à témoin ces visages où se lit l’expression mal contenue d’un chagrin qui ne veut pas être consolé ! Nous l’avons perdu à jamais, l’ami sûr et fidèle qui d’un geste spontané, d’une phrase heureuse, d’un sourire où se refletait la sensibilité la plus pure, savait donner pour ne plus se reprendre. Au moins ses amis lui voueront-ils un culte ardent et pieux.

Ils feront mieux encore : ils reporteront sur ses parents, la plus grande part de ce tendre attachement qu’ils éprouvaient pour lui.

A l’épouse qu’il laisse, aux filles, aux fils, aux gendres qui sont devant nous, nous offrons toute notre respectueuse et affectueuse sollicitude pour leur permettre de supporter le choc du destin.

Le souvenir de l’intelligence et du grand coeur qu’ils pleurent vivra à jamais dans nos mémoire.

Puissent-ils trouver dans la profondeur de nos sympathies unanimes quelques apaisements et quelques amères douceurs.

Etienne François, Adieu »