J’ai récemment été contacté par @AlexModesto73 qui prépare un travail de mémoire avec son association, la Fibre Mauriennaise. Initialement, il ne savait pas trop pourquoi m’appeler, je ne savais pas trop ce que je pouvais lui apporter mais la discussion se faisant, la réflexion s’organisant, on en est venu à discuter de comment s’entretenir avec nos anciens, ceux de notre famille ou ceux que l’on ne connait pas. Un sujet familier à tout généalogiste, et j’imagine à tout journaliste.

Comment initier la conversation ?

Voilà la première étape, cruciale. Voilà mes idées :

  1. Je pense qu’initier la conversation à partir d’un objet exposé dans une vitrine, d’une photographie dans un tiroir, d’une carte postale ancienne est une bonne idée. Avoir un trigger matériel, pour permettre de briser la glace. Pour amorcer une conversation.
  2. Une autre idée pouvant facilement être mis en place, c’est se promener avec une personne dans la rue, et discuter avec lui des bâtiments, de l’Église, de la Cathédrale, de son environnement. Que s’est-il passé là-bas, pour lui, dans sa vie ?
  3. Je n’aime pas la version interview classique, avec quelqu’un qui vient avec des questions, et l’autre avec ses réponses. Ça ne me parait pas adapté.

Comment entretenir la conversation ?

Tout aussi difficile que d’initier la conversation, c’est de permettre qu’elle ne retombe pas comme un soufflet. Alors, il faut justement discuter, écouter, prendre le temps, rebondir sur les anecdotes. J’aime rebondir sur les histoires de ma grand-mère quand elle était sage-femme à Nîmes, savoir pourquoi elle se souvient si bien de l’Alfa Roméo de l’oncle Frédéric, ou discuter des sucreries qu’aimaient untel, et des tricheries à la belote de ses fils.

Savoir écouter, c’est encore plus difficile que de savoir parler.

Comment mémoriser la conversation ?

Prendre des notes ? Pas assez naturel ni fluide.

Filmer ? Perturbant pour celui qui filme, et celui qui parle.

Enregistrer ? Peut être vécu comme brisant une sorte de secret, de confidentialité et de confiance entre les deux individus.

Moi, je prends le parti parfois d’enregistrer, sans en informer. Ce n’est pas terrible, c’est vrai, mais ça me permet de garder mon naturel, et de ne pas perturber mon interlocuteur, le plus souvent ma grand-mère.

J’aime aussi filmer, surtout quand on me parle de photographies. Car j’allie à la fois les sons (« ici, il s’agit de l’oncle Paul ») au doigt qui montre l’Oncle Paul sur la photographie. Je ne pourrai pas oublier, comme ça.

Mois de l’entraide #geneatheme !

Et vous, comment faites-vous ? Parce que cet article est une succession de petites idées que j’ai, ou que j’ai eues. Mais je serais très curieux de connaitre vos techniques (c’est même le but de l’article, en réalité), vos façons de faire. Il faut savoir le faire avant que les souvenirs ne s’en aillent, c’est la base de toute généalogie qui se respecte, de tout devoir de mémoire intéressant.

Merci de m’aider.