Portrait d'Henri ARNAUD, prise sans doute dans les années de faculté à Montpellier

Henri Jean-Baptiste ARNAUD (1874-1898)

Henri ARNAUD n’est pas un personnage très connu de ma famille. On n’en parle que très peu bien qu’il soit le frère de la grand-mère de Papy Jacques. Parmi les habitants de « La Sauvage » , nous parlons souvent de Jules CHABAUD, ce vaillant pilote de l’aviation française durant la première guerre mondiale, ou Henri ARNAUD (senior), le médecin du village et maire de Goult, passionné de botanique à l’ego aussi gros que sa maison.

Si l’on veut replacer la naissance d’Henri dans son contexte, il faut reparler de l’histoire de La Sauvage. A la mort d’Augustin ARNAUD en 1858, de la famille des marchands de draps d’Aix et Goult, une maison est cédée en indivision à ses deux fils, Adrien (Avocat, à Aix) et Henri (Médecin, à Paris) mais rien ne sera laissé à Marguerite, sa fille. Cette maison ne subira cependant pas de modifications majeures jusqu’au décès d’Adrien en 1873.

Ponciant ARNAUD et Caroline GRANIER, vers 1916, sur les marches de La Sauvage

La maison revient alors totalement à Henri qui organisera de grands travaux d’agrandissement (+19 ouvertures en quelques années seulement) dès 1874 pour y installer son cabinet. C’est la même année que la cousine au quatrième degré d’Henri, Caroline,  accouche d’un enfant de sexe masculin qui se prénommera Henri Jean-Baptiste ARNAUD. Il est le fils de Ponciant ARNAUD, carrier, et de Caroline GRANIER.

Caroline sera la gouvernante du Dr Henri ARNAUD jusqu’à ce que celui-ci décède en 1880 et la Sauvage lui sera cédée, avec de nombreuses autres propriétés, par Marguerite ARNAUD quelques mois seulement après la mort d’Henri. Il semble que les biens de Marguerite (et de son mari Vincent ROURE) lui suffisent largement à Aix, alors pourquoi irait-elle s’embêter avec de nombreuses propriétés dans le Luberon que son père n’avait pas jugé bon de lui céder en 58 ?

Portrait d’Henri ARNAUD, prise sans doute dans les années de faculté à Montpellier

Ainsi le petit Henri ARNAUD sera-t-il élevé par un carrier et une gouvernante dans une maison de médecin célibataire avec une grande soeur de 6 ans son aînée, mon arrière-arrière-grand-mère.

Il ne sera pas un grand travailleur mais ira tout de même à Avignon au Lycée pour passer le baccalauréat. Il l’aura plus tard que ses camarades, aux rattrapages d’octobre. Puis Henri ARNAUD suivra les pas de son aîné Henri ARNAUD pour aller à la faculté de médecine de Montpellier où il ne brille pas. Les nombreuses lettres qu’il a adressées à son père de cette époque me laisse un goût étrange : il apparaît comme un étudiant moyen (il parle très souvent d’examens d’anatomie « collés » , d’épreuves ratées, de ses professeurs qui « pensent qu’il a le niveau pour réussir l’examen » laissant penser qu’il ne l’a pas) mais très dépensier (ses frais d’inscription sont importants, il envoie fréquemment des souliers à sa famille et s’offre des redingotes mais ne veut pas « se faire gronder » par son père alors qu’il vient d’acheter « deux livres d’obstétriques à 65 fcs – neufs, ils en valent au moins 125 fcs- » , il a des dettes qui « finalement s’avère plus importantes que prévues » ) utilisant des excuses vaseuses pour demander de l’argent à son père (les calculs ont été erronés, j’ai eu besoin de me réinscrire, je croyais avoir posté la lettre mais je l’ai retrouvée ce jour sur mon bureau) de façon un peu autoritaire. Si bien que, malgré les lettres qu’il a du écrire et celles de sa fille à Henri, il décide en février 1898 de rendre visite à son fils à Montpellier, dans son appartement 30 rue Jean-Jacques ROUSSEAU.

Extrait de l’Eclair du 25 février 1898, issu des AD34

Voilà le fin mot de l’histoire d’Henri ARNAUD, dont la légende familiale voulait qu’il se soit suicidé et dont il ne fallait « pas parler » , légende qui s’est avérée exacte, pour une fois. Pour être le plus complet possible, ci-joint son acte de décès sur lequel nous pourrons remarquer que les deux témoins du décès sont deux agents de police de Montpellier.

Ce qu’il me reste à trouver :

  • Acte de Naissance, à Goult
  • Rapport de Police sur les circonstances du décès
  • Lettres envoyées à Henri par son père
  • Cursus Universitaire
  • Autres articles de presse
  • D’autres idées ?

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