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Réflexions, Tech

Le nouveau modèle économique de Geneanet

Pour ses 20 ans, Geneanet modifie ses offres payantes et supprime la publicité, dès la version gratuite1 . Voilà deux nouveautés intéressantes.

Simplification de l’offre payante

La première n’est finalement qu’une simplification du modèle actuel. Avant il y avait une offre gratuite, un abonnement payant et, en plus, un paiement à l’acte (différent de l’abonnement) pour certains documents. C’est sûr que ce n’est pas si simple que ça, surtout quand le client paye un abonnement et doit de nouveau payer pour certains documents. Ce distingo devait probablement (je ne suis pas dans les petits papiers de Geneanet) limiter la consultation desdits documents et peut-être que le chiffre d’affaire lié au paiement à l’acte (les fameux packs de points) ne représentait finalement qu’une infime partie du chiffre d’affaire final. C’est même très probable.

Tout cela est désormais fini : il n’existera plus qu’une version gratuite et une version payante définissant Geneanet comme un freemium. En simplifiant cette offre, Geneanet espère probablement faire passer le pas du Premium à un nombre plus important de client. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Suppression de la publicité

Mais la deuxième nouveauté est encore plus intéressante, car elle concerne la publicité. Cette publicité qui agace, qui est parfois jolie, mais surtout qui est inconditionnellement associée à tous site web depuis la création d’internet. Cette publicité est au cœur d’un grand bouleversement depuis quelques années sur internet.

Pour l’utilisateur d’abord, cette publicité est devenue de plus en plus intrusive

1) les régies publicitaires (les deux plus grosses sont Google et Facebook) s’immiscent de plus en plus dans votre vie privée pour vous fournir les « meilleures » publicités possibles, en amassant et utilisant le plus possibles de vos données personnelles : ce que vous visitez comme site (d’où l’intérêt pour Google de fournir gratuitement Google Analytics et pour Facebook de vous inciter à installer le bouton J’aime), ce que vous aimez et partagez sur Facebook, ce que vous recherchez sur Google, ce que vous regardez sur Instagram, ce que vous écrivez dans vos mails etc. Leur métier est de vendre de la publicité, et tous les moyens sont bons.

2) les publicités sont devenues de plus en plus intrusives sur les sites web et l’expérience utilisateur est ternie : temps de charge de la page web allongé, publicités qui s’affichent en pleine page, texte qui s’efface au profit d’une vidéo, publicité de 15 sec pour une vidéo de 22 sec, faux liens en bas des articles mais vrai publicité, allant parfois même jusqu’au design du site qui est construit autour des encarts publicitaires pour optimiser les clics. C’est devenu de plus en plus agaçant pour les utilisateurs.

Pour l’éditeur de site internet, la publicité devient aussi rapidement compliquée

1) Il faut du temps et du personnel pour s’occuper de cela : soit passer par une régie tiers (et donc voir le chiffre d’affaire rogné par le prélèvement du tiers) soit une équipe dédié à la publicité dans l’organigramme de l’entreprise, donc des salaires. Et puis il faut aussi des serveurs pour la stocker et la diffuser. Mine de rien, pour un site internet de grande envergure, installer de la publicité a un coût.

2) Le site est parfois totalement dépendant de la publicité : avoir un site internet a un coût. Il faut payer les auteurs d’articles (pour les sites professionnels), l’hébergement, le nom de domaine, la maintenance etc. Pour un site qui ne vend aucun objet ou service, il existe deux modèles économiques : le gratuit (avec revenus publicitaires) ou le payant. Eh bien, bien souvent, ils sont obligés de garder la version gratuite avec publicité car les internautes rechignent à débourser quelques euros pour un site et leur base de lecteur est trop faible pour que les quelques qui passent au payant assurent le fonctionnement du site. Ils sont alors engouffrés dans une spirale de dépendance face à la publicité qui peut entrainer des dérives2. Et de ces dérives découlent les effets néfastes sur les utilisateurs (cf. supra).

La réponse des utilisateurs

Le moyen mis en œuvres par les utilisateurs est alors simple : le blocage de la publicité. D’où la naissance des AdBlockers et leur montée en puissance3. Mais ce système ne satisfait personne : ni l’annonceur qui voit sa publicité bloquée, ni l’éditeur qui voit ses revenus diminuer, ni le lecteur qui doit en passer par là (et là aussi, ses nombreuses dérives4 ;5 ) pour surfer tranquillement.

L’évolution des éditeurs

Dès lors, de nombreux sites internet ont pris le parti de s’affranchir totalement de la publicité pour revoir le modèle économique de leur site : Presse-citron a abandonné les bannières publicitaires en 20156 , Mediapart existe sans publicité, et désormais Geneanet, en 2016, supprime également la publicité.

Personnellement, je trouve que :

  • C’est un signe positif pour l’utilisateur : sur Geneanet, il n’y a pas de publicité pour une ergonomie et une rapidité d’exécution optimale. Et l’offre est simple : accès premium 50€/an et basta.
  • C’est un signe positif pour le web : un site comme Geneanet peut vivre sans publicité.

Et franchement, ça fait du bien d’aller dans ce sens.

  1. Geneanet change son offre et son prix !, publié le 30 nov. 2016 par Frédéric []
  2. De l’éthique en matière de publicité en ligne…, publié le 19 fév. 2014 sur Numerama []
  3. L’allergie à la pub sur Internet s’affirme, publié le 22 nov. 2016 sur Le Monde []
  4. Wired décide de bloquer les lecteurs qui bloquent la pub, publié le 9 fév. 2016 sur Numerama []
  5. Et maintenant Adblock Plus va… vendre de la publicité !, publié le 13 sep. 2016 sur Numerama []
  6. Nouveau : la publicité (classique) sur Presse-citron, c’est fini, publié le 24 fév 2015 sur Presse Citron []

5 Comments

  1. Manu67

    Geneanet me semble avoir (aujourd’hui) l’intelligence de savoir allier les impératifs de rentabilité (et oui, il faut bien faire bouillir la marmite !) et le respect de ses visiteurs (abonnés ou non).

    En cela, je les en remercie de savoir garder une vision « humaine » .
    Les internautes ne sont pas tous des moutons juste bons à tondre.

    Un excès de publicité tue la publicité.
    Un excès d’informations tue l’information.
    aussi surement qu’un excès d’alcool 😉

    Bref, tous les excès sont à proscrire, aussi, j’arrêterai ici la logorrhée 😉

    Un équilibre doit être trouvé entre exploitation commerciale pure et dure et seuil de rentabilité, cela on ne peut que le souhaiter, le comprendre et l’accepter. Mais pour cela, tous les moyens ne sont pas bons …

  2. mercier

    Et pour la suite, quand Geneanet abandonnera le .org , réservé aux organismes sans but commercial ?

    • le .org est ouvert à tous, sans aucune restriction. Vous êtes d’ailleurs ici sur genBècle.org, le blog de généalogie de la famille Bècle.

    • Bruno Callens

      Il y a le .family qui existe et qui me semble tout particulièrement adapté à Geneanet. Mais ces nouveaux suffixes (qui sont très nombreux) ne sont guère utilisés, en tout cas pour le moment.

    • J’avoue que ces nouveaux suffixes me semblent peu pertinents, surtout pour de vieux sites déjà bien implantés, et surtout me semblent avoir essentiellement un aspect économique.

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