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Que nous réserve Geneanet pour 2014 ?

Dans quelques jours, Geneanet déménagera. Environ trente employés vont découvrir de nouveaux bureaux pour encore mieux propulser le site de généalogie français numéro 1. Il y a 10 ans, ils n’étaient que deux, en plus du créateur de GeneaNet, Jacques Le Marois. Mais 2014 ne sera pas seulement l’année des nouveautés pour l’équipe. Très bientôt, les visiteurs vont découvrir un nouveau logo, plus moderne, et dès cet été la version 5.0 du site internet sera déployée.

Geneanet : Nouveau logo pour une nouvelle vie

geneanet2014

Plusieurs choses changent dans ce nouveau logo. D’abord GeneaNet change de nom. Celui-ci devient Geneanet. Une maigre différeNce, certes, mais qui philosophiquement veut dire beaucoup. Le « N » majuscule signait l’importance du Net, du Web, et la nouveauté que cela représentait dans les années 90-2000. Maintenant, cela sonne presque vieux, comme les « web » de geneweb ou francegenweb. Or Geneanet reste un site moderne, qui évolue avec son temps, qui se construit lentement mais surement. Il fallait moderniser cela.

Il en va de même pour le logo cerclé qui précède le nom. Avant, nous avions droit à une version stylisée d’un arbre en ligne, un logo finalement très geek. Il fallait être initié pour le comprendre. Maintenant, nous avons un arbre naturel, et non plus virtuel. Comme pour montrer qu’après de nombreuses années, le site est toujours là, bien présent dans la vie des gens, toujours près de nous, inaliénable et indispensable. Mais ce nouveau logo est aussi fait pour être compris de tout ceux qui n’aurait jamais fait de généalogie. L’arbre est un symbole universel. Avec ce logo, on est à la fois plus moderne par la police d’écriture et plus marqué dans la durée avec l’arbre naturel.

Ce nouveau logo est presque le même que celui de MyHeritage. Comme pour montrer que le petit site français n’a pas peur de s’immiscer sur les plates-bandes du géant israélien, pour montrer son envie d’expansion à l’international aussi (excusez la résolution du nouveau logo Geneanet, un peu faible et la version a peine modifiée du logo de MyHeritage).

comparatif

On sent que ces deux sites se battent sur le même créneau, l’Histoire Familiale, contrairement à FamilySearch plus tourné vers le futur de la Généalogie Technologique.

FamilySearchLogo_highres

Continuer à croître, un défi permanent pour Geneanet

Aujourd’hui, Geneanet revendique 2 500 000 visiteurs uniques par mois. Très loin devant Généalogie.com. Mais les concurrents sont ailleurs, à l’international. Parce que pour continuer à grandir alors que tous les généalogistes français sont acquis à sa cause, Geneanet a trois solutions. Soit se développer à l’international (et devenir concurrent de MyHeritage ou d’Ancestry), soit conquérir un public plus familial. Soit les deux. Et c’est cette dernière solutions qu’ambitionne Geneanet.

Le logo est le premier indice du futur de Geneanet. Un logo plus simple, pour s’adresser à un public plus familial (Geneanet passera d’un site de généalogistes avertis vers un site d’Histoire Familiale, probablement) et un logo plus universel pour s’adresser à un public international.

Mais le logo ne fait pas tout, et la future version du site, la 5.0, devra apporter une belle valeur ajoutée à Geneanet pour se distinguer d’une concurrence déjà très développée, et surtout très riche.

Une version 5.0 de Geneanet plus simple, plus claire et plus efficace

L’objectif est de créer une version 5.0 du site plus simple à utiliser, plus harmonisée, claire et efficace. La version 4.0 date maintenant de 2011 et une remise à plat s’imposait.

Un nouveau moteur de recherche devrait voir le jour. Un concurrent au SuperSearch de MyHeritage ? 

La page d’accueil du site sera également revue. Aujourd’hui, d’une certaine manière, on peut considérer que sur Geneanet, j’ai deux pages d’accueil : celle de mon arbre en ligne (geneweb, qui est presque « mon site perso ») et celle de la page d’accueil de Geneanet. Demain, ces deux pages vont s’unifier.

Sur la page d’accueil de Geneanet, j’aurai un accès facilité à mon arbre en ligne, pour le modifier, l’arranger, le mettre à jour. Et puis, mon arbre en ligne, s’il conservera son URL, devrait être mieux intégré à Geneanet pour une harmonisation globale du site.

Le défi est important car, comme de nombreux généalogiste, je tiens à l’aspect petit-site-personnel de l’arbre en ligne, mais pour le visiteur issu de Google qui tombe sur mon arbre en ligne, il faut qu’il puisse facilement bénéficier des ressources de Geneanet. Enfin, pour Geneanet, il s’agit de rendre la recherche plus efficace, et donc d’amener plus d’utilisateur vers la page d’accueil du site, et son nouveau moteur de recherche.

Enfin, Geneanet a repensé toute la charte graphique et la navigation du site. Car depuis 1996, Geneanet a beaucoup évolué. Il a lentement empilé de nouvelles fonctions, qui sont venus d’abord étoffer le site puis rapidement le complexifier. Un bon design web devrait permettre d’accéder plus facilement aux meilleures fonctionnalités de Geneanet.  Nous verrons si le résultat tiendra ses promesses.

La nouvelle version sera disponible cet été (avec une période de test au préalable) et espérons qu’un nouveau design et de nouvelles couleurs soient au rendez-vous. Le bleu-vert fait un peu cheap et j’espère voir un design plus sobre.

Un arbre universel, pas pour tout de suite

La question de l’arbre universel reste d’actualité chez Geneanet. Comme Brozer ou Gennus, on se pose la question. Mais la réponse est loin d’être à portée de clic. Cela nécessite visiblement un algorithme complexe et des ressources matérielles très importantes, en calculateur et en hébergement.

L’arbre universel n’est donc pas pour tout de suite, mais je suis sur que leurs esprits carburent pour fournir une alternative acceptable pour l’utilisateur.

Bonne année 2014 à Geneanet, et à bientôt pour tirer le bilan de ces nouveautés.

Deux start-ups françaises de généalogie prometteuses : #2 Brozer.fr

La philosophie des start-up du net est assez simple : une idée = une entreprise (se résumant le plus souvent à quelques employés, un serveur internet, un site, et de l’huile de coude). Et des idées dans le monde de la généalogie, gennus.org et brozer.fr en ont de bonnes.

La deuxième start-up que je voulais vous présenter, c’est Brozer.

brozer_logo (1)

Brozer.fr (et bientôt .coop) se présente comme un nouveau modèle de logiciel de généalogie en ligne (ou webapps) avec, comme gennus, deux très grandes ambitions : la première, c’est de repenser complètement la façon de créer son arbre généalogique et la deuxième, c’est que chaque généalogiste, au lieu de travailler sur son arbre personnel, travaille sur un morceau d’un arbre généalogique universel.

1) Brozer : Une nouvelle façon de construire son arbre

La logique du processus généalogique (celui que nous suivons tous dans nos recherches) est simple : nous cherchons un document généalogique (naissance, mariage, décès, notaire, passeport, témoignage) et à partir de ce document, nous extrayons des informations concernant un individu. Ainsi, il n’existe pas (ou ne doit pas exister) un individu dans notre généalogie qui ne soit pas mentionné quelque part, sur un acte, au dos d’une photographie, dans le témoignage d’un proche.

Or il est important de noter qu’aucun logiciel de généalogie actuel ne permet de suivre simplement cette logique. Seul Heredis à ma connaissance l’aborde via la « saisie d’un acte » mais il a de nombreuses limites : les données saisie via ce formulaire sont transformées en arbre, certes, mais ne sont pas conservées pour une réutilisation ultérieure : si je saisis l’acte de naissance de Jean Dupont, né en 1823 avec les données de ses pères, mères et témoins (qui sont donc bonnes, puisque dans l’acte) mais que je le relis dans mon arbre au mauvais Jean Dupont, je ne peux pas réutiliser les données saisies pour les relier au bon Jean Dupont. Il me faut tout effacer, et recommencer la saisie de l’acte comme s’il s’agissait d’un nouvel acte.

L’idée des créateurs de Brozer, c’est de partir de cette logique et d’en faire un logiciel de généalogie en ligne. La construction de notre arbre ne commencera pas par la saisie du de-cujus, comme souvent, mais bien par la saisie d’un acte. Ainsi, il n’y aura aucun individu dans les arbres de Brozer qui ne sera pas cité par un document, fut-il un témoignage oral indexé. Ce qui n’est vraiment pas le cas chez la concurrence, convenons en.

Le maître mot de cette approche est donc la traçabilité des informations, et franchement, c’est une très bonne idée.

2) Brozer : l’introduction d’un nouveau concept, celui de « la personne »

Pour améliorer cette traçabilité chère à Nicolas, le créateur de Brozer, il faut introduire un nouveau concept en généalogie, qui existe également en philosophie, celui de « la personne », opposé à celui de « l’individu ». En fait, cela revient à essayer de comprendre ce qui définit un individu, quelle est son identité.

Ce n’est pas vraiment un nouveau concept en soi, car pour les lecteurs de la revue française de généalogie1 Guillaume de Morant rappelait que « le modèle Gentech porté par la national Genealogy Society américaine a été la première à proposer la notion de « persona » ».

Pour comprendre ce qu’est une personne, il faut la distinguer d’un individu. Et c’est très simple.

La personne, c'est un individu à un instant t. Par exemple lors de son premier mariage, la personne de J DUPONT, c'est : J DUPONT, 23ans, Agriculteur, demeurant à AVIGNON, se mariant à SETE avec Marie DURAND. Alors que lors de son décès en 1905, la personne de J DUPONT c'est : J DUPONT, 82ans, employé de Banque, demeurant à Lyon et décédant à Paris.  Si les deux personnes sont différentes, on parle pourtant bien du même J DUPONT, l'individu.

En fait, la personne correspond à ce qu’est Jean DUPONT à un instant t : lors de son mariage, il a 23 ans, il est agriculteur et il vit à Avignon. La personne de Jean DUPONT lors de son décès en 1905 est différente : il est employé de banque, a 82 ans et il vit à Lyon. Cependant si les deux personnes sont différentes, l’individu Jean DUPONT est le même. Ainsi l’individu est la somme des personnes et une personne est un individu à un instant t.

L’idée de Brozer est de reprendre ce concept et de l’appliquer : dans chaque document généalogique est définie une personne, et chaque personne mise bout à bout définissent l’individu. Autrement dit, dans Brozer, un individu sera décrit par sa « ligne de vie »2 , soit par l’ensemble de ses personnes.

Voici un schéma qui représente le concept de personne opposé au concept d'individu.

Voici un schéma qui représente le concept de personne opposé au concept d’individu.

3) le document et son indexation, le cœur de Brozer

Chacune des personnes définissant un individu est détaillée dans un document généalogique. Les informations issues de ces documents constituent ainsi le cœur du système Brozer, et seront codées dans un nouveau format, le .DGS. Ce format sera capable d’intégrer de façon permanente toutes les informations généalogiques contenues dans tous les documents : noms, prénoms, dates mais aussi taille, couleur de cheveux etc. Ce format se devra d’être modulable (vu la multitude de documents pouvant être une ressource généalogique) et surtout uniforme pour toujours être reconnu du système.

L’indexation (ou le relevé) du document sera effectué par la communauté des utilisateurs de Brozer pour en extraire les informations. Et toutes les informations extraites seront intégrées dans l’arbre généalogique et auront comme source le document indexé.

tracabilite2

Ainsi, en cliquant sur l’individu x, on aura tous les documents dans lesquels il est apparu, y compris ceux dont l’individu central n’est pas l’individu x. C’est la forme ultime de traçabilité. Et cela semble prometteur.

Evidemment, cela nécessite que l’indexation par la communauté soit juste, exhaustif, et relié au bons individus. Nicolas m’a confié que les relevés auront 4 « niveaux de preuve » : le premier correspond à une indexation partielle quand le quatrième sera un relevé exhaustif vérifié par d’autres membres de la communauté. De quoi intégrer une hiérarchie dans la validité des informations.

Les liens qui seront créés manuellement entre individus de l’arbre et personnes extraites des documents seront évidemment réversibles en cas d’erreurs, sans toutefois perdre les informations de l’indexations du document. L’intelligence humaine gardera donc bien le contrôle du système, en intégrant les notions de doute, d’hypothèse et d’erreur.

On peut ici voir le lien avec un autre volet du projet Brozer qui est déjà très avancé : le service Téléarchives, qui permet à chacun (particulier et association) de déposer ses documents numérisés sur le web (son propre serveur ou un espace de stockage loué à Téléarchives), de les visionner facilement et de les indexer (dans le futur, avec le format .DGS).

4) l’arbre universel et le matching

Sur Brozer, on ne travaille pas sur son arbre généalogique, mais sur une partie d’un grand arbre universel. En effet, l’hypothèse de départ de Brozer est de dire qu’il n’existe pas deux individus identiques (comme il n’existe pas deux documents identiques) et donc, il est inutile d’avoir deux arbres différents avec les mêmes individus dedans. De plus, Nicolas est persuadé qu’il est impossible techniquement de fusionner deux arbres ensemble, même si les individus qui les composent sont identiques.

Alors qu’est ce qui va se passer concrètement :

  1. Je vais rentrer des documents dans Brozer que je vais indexer
  2. Je vais en extraire des personnes que je vais pouvoir lier à des individus déjà existant dans l’arbre, ou en créer de nouveaux, évidemment.
  3. Mais le logiciel va également me proposer des individus qui pourraient correspondre à la personne extraite de mon document. C’est ce qu’on appelle le matching.
  4. Libre à moi de dire au logiciel si je pense qu’il a raison (et valider le matching) ou lui indiquer que je pense qu’il a tort (et rejeter le matching). Si je pense qu’il a tort, le lien créé sera « ne correspond pas à cet individu » avec la raison de ce rejet, car l’absence de lien avec son explication est une donnée généalogique à prendre en compte.

Mais comment le logiciel me propose des individus ? Si l’idée de Gennus est de comparer les empreintes des individus, Brozer compare les documents sources et donc les personnes extraites. En effet, il ne peut pas exister deux actes de naissance identiques. Si deux documents postés sur Brozer sont identiques, c’est que les personnes extraites sont identiques. Donc l’individu auquel les personnes sont liées. Cela nécessite une indexation propre, avec un niveau de preuve élevé (cf. paragraphe précédent) et donc une communauté active et nombreuse.

5) la communauté Brozer se devra d’être besogneuse

Tout l’enjeux de Brozer est là pour moi. Car si le l’idée d’une généalogie  en tant que science participative, très documentée, avec des sources bien indexées, et une traçabilité optimum le tout sur un arbre universel avec une interface simple et claire, est très intéressante, elle ne pourra pas être concrétisée sans une communauté active de généalogistes expérimentés qui pourront intégrer de nombreuses informations fiables au site.

Mais comment inciter les généalogistes à utiliser la plateforme en sachant que :

  1. Le droit d’entrée sur Brozer s’élèvera à 25€ par an (ou un peu moins selon son appartenance à des associations, etc.)
  2. Que l’import gedcom n’est pas autorisé, sinon comme aide de départ, car il n’est pas compatible avec le modèle (la logique) de Brozer.

Car oui, c’est là le principal problème pour moi : comment faire en sorte que des généalogistes chevronnés reprennent leurs travaux à zéro en commençant par rentrer des documents, les indexer dans un nouveau format, en extraire des personnes et les lier à des individus quand on a 1000, 5000, 10 000 individus dans son arbre ?

Si ce travail est long, fastidieux, et rébarbatif, il sera absolument nécessaire pour le fonctionnement futur de Brozer. Car sans communauté, pas de base de données conséquente et sans base de données conséquente, pas de matching efficace, pas d’arbre universel et donc pas de futur à cette start-up.

Nicolas LAWRIW pense que son projet d’avoir un arbre avec des informations plus fiables, de pratiquer la généalogie de cette façon (en tant que science participative) et d’avoir un arbre universel appartenant à une coopérative (donc à l’ensemble de ceux qui le crée) est suffisamment porteur pour attirer les généalogistes en masse afin d’approvisionner la base de données initialement. Il va falloir néanmoins réussir à les convaincre que cette façon de faire est mieux que leurs habitudes de 20 ans, et on sait tous que changer les habitudes des généalogistes est très difficile.

Pour les débutants qui vont démarrer leurs travaux par contre, la simplicité de la construction de l’arbre à partir des documents, cette logique de la recherche appliquée à la saisie des informations, et la traçabilité importante peuvent paraître suffisant pour inciter les jeunes à utiliser Brozer plutôt qu’un autre logiciel de généalogie.

Passée cette étape critique du lancement, lorsque le nombre de documents indexés sera conséquent, Brozer pourra alors apporter sa véritable valeur ajoutée pour les généalogistes, à savoir une généalogie fiable et très documentée. Scientifique.

Conclusion

La philosophie de Brozer me parait très intéressante. Cette façon d’entrer des informations dans l’arbre par la saisie d’un acte est une fonction qui me plait déjà chez Heredis, mais la traçabilité des informations et le fait d’avoir une généalogie propre est très documentée est un vrai plus pour Brozer.

Cependant il va falloir faire un très gros travail pour inciter de nombreux généalogistes à transposer leurs travaux sur Brozer. Personnellement, et je ne suis pourtant qu’un généalogiste débutant, je n’ai pas très envie de reprendre ma généalogie, qui est le résultat de sept années de travail, à zéro. Il va falloir un premier contact très positif avec Brozer et donc une première ébauche très réussie pour me convaincre. Le premier contact sera primordial et Brozer n’aura pas le droit à l’erreur.

Pour en savoir plus

  1. Contacter nicolas.lawriw@brozer.fr par mail
  2. Le compte twitter de Brozer @Brozer_coop
  3. Lire l’interview de Nicolas LAWRIW par Guillaume de Morant dans le numéro 207 de la revue Française de généalogie, daté d’août-sept. 2013, p.39-40
  1. Revue Française de Généalogie,  N° 207, daté d’août-septembre 2013, p.40 []
  2. chère à Sophie Boudarel : Voir ici []
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Deux start-ups françaises de généalogie prometteuses : #1 Gennus.org

La philosophie des start-up du net est assez simple : une idée = une entreprise (se résumant le plus souvent à quelques employés, un serveur internet, un site, et de l’huile de coude). Et des idées dans le monde de la généalogie, gennus.org et brozer.fr en ont de bonnes.

logo de gennus.org

logo de gennus.org

Gennus.org, une ambition d’arbre généalogique universel, mondial, gratuit, amélioré par la communauté.

La première start-up que je souhaite présenter c’est gennus.org. Actuellement en phase de développement bêta (donc de tests et d’amélioration quotidienne, dans une version instable) ce site est ambitieux. Le projet démarre en janvier 2011 quand Pierre et Bastien commencent à s’intéresser à leurs généalogies. Ces deux informaticiens souhaitent proposer un service innovant de généalogie à base de matching : en mettant en ligne mon arbre généalogique via un import gedcom, gennus.org me proposera un matching (un individu similaire d’un arbre d’un autre utilisateur) que je pourrai valider ou non. Il me proposera ensuite d’enrichir mon arbre avec les données des autres internautes. Mais Pierre et Bastien vont encore plus loin : ils veulent créer un arbre universel de qualité sur une plateforme mondiale (donc multilangue) gratuite et sans utilisation commerciale des données. Quelle ambition ! Mais sans elle, point de travail acharné.

arbre universel gennus.org

L’arbre universel, un vieux fantasme de généalogiste bien plus compliqué à mettre en place qu’il n’y parait.

La qualité de ce service s’évaluera à mon avis sur plusieurs points :

1) La qualité du matching, c’est-à-dire de la pertinence des propositions d’individus similaires. J’ai récemment (suite à cet article) réfléchi à cette problématique qui est compliquée : comment savoir que deux individus sont identiques vu les variations possibles d’écriture de patronymes, des prénoms, des métiers, des dates (et la gestion de calendriers différents), des lieux de vie, des conjoints potentiels etc. J’en était arrivé à une question presque philosophique : « qu’est-ce qui définit un individu ? ». Autant dire que je m’étais perdu dans ma propre réflexion. Pris sous un angle différent, cette problématique se résume à une reconnaissance efficace des doublons dans la base de donnée. Sur ce sujet, Heredis se casse les dents (la gestion des doublons dans ma généalogie est catastrophique), geneanet a du mal, seul MyHeritage propose des SmartMatchs a peu près cohérents. C’est la création de cet algorithme de « gestion des doublons » qui est le cœur de métier de Pierre et Bastien. La qualité du site sera principalement définie par la pertinence des matchings, et donc par la qualité de l’algorithme. Voilà comment travaille l’algorithme : En fait, ce n’est pas seulement l’individu qui est analysé, mais tout son environnement, ce qu’il est mais également ce qu’il a vécu, ses parents, ses conjoints, ses enfants. Pierre nomme cela une empreinte. Dans un premier temps, il faut extraire toutes les empreintes de chaque arbre en ligne, puis l’algorithme compare les empreintes une à une; enfin le site propose les empreintes similaires à l’utilisateur concerné et les soumet à la validation de l’humanae intelligentiae, car c’est bien l’utilisateur qui a le dernier mot et décide si « son » Jean Martin est le même que celui proposé par l’algorithme.

Un algorithme très puissant donc, qui intégrera de nombreuses variables, simulant l’intelligence et la réflexion du généalogiste quand il travaille sur son arbre. Et cet algorithme sera affiné tous les jours par les actions de la communauté.

L'algorithme, difficile à mettre en place, mais indispensable au succès de gennus.org

L’algorithme, difficile à mettre en place, mais indispensable au succès de gennus.org

2) La qualité des données mises en ligne sur le site : en effet, si les données mises en ligne sont fausses, on me proposera des données fausses pour enrichir ma généalogie qui deviendra… fausse également. Bref ce point est crucial et j’avoue qu’une longue discussion récemment avec Pierre sur ce sujet m’a largement rassuré. En effet, le service proposera un système d’authority rank, c’est-à-dire que les arbres et les généalogistes se verront attribuer une « note » de qualité. Par exemple, je m’inscris sur le site avec une généalogie petite, mais complète, bien sourcée, et dont les informations sont fiables : ma généalogie sera bien notée, mon arbre fera autorité parmi les autres. Ainsi si une généalogie X similaire de mon arbre voit le jour sur le site comprenant des erreurs (un cousin moins assidu dans ses recherches, un co-pilleur d’arbre comme sur geneanet) , gennus.org comprendra grâce à mon autorité élevée que mon arbre est plus fiable que celui de M. X. Et les matchings que proposera le site se feront principalement à partir de mes données plutôt que celles de X.

En sera-t-il alors fini des erreurs de généalogie qu’on voit se propager sur tous les arbres geneanet, dont on ne sait plus trier le bon grain de l’ivraie ? Pas si sur, mais nous le verrons à l’usage.

3) La qualité de l’import gedcom : le généalogiste est un passionné, qui aime parfois le labeur des listes et des relevés exhaustifs. Mais le généalogiste n’aime pas devoir faire plusieurs fois la même chose. Ainsi l’import gedcom devra être propre et exhaustif quel que soit le logiciel qui a généré le gedcom. Vu que la norme gedcom est ancienne, vu qu’aucun logiciel ne respecte parfaitement la norme gedcom, vu que les calendriers utilisés peuvent varier, ce travail d’import propre devra être prédominant. C’est d’ailleurs cela qui est principalement analysé dans cette première version bêta.

La communauté, ciment de l'algorithme pour faire marcher gennus.org

La communauté, ciment de l’algorithme pour faire marcher gennus.org

4) La qualité de la communauté : il semble évident à ce stade que gennus.org sera un site communautaire, et nécessitera de nombreuses actions des utilisateurs pour s’affiner, progresser et devenir une référence. Sans une communauté active, efficace et nombreuse, l’algorithme ne s’affinera pas, le nombre de données sera faible et le service rendu inutile. Gennus revendique dans sa version bêta1.0  35 testeurs pour 25.000 fiches créées qui éprouvent chaque jour la plateforme. 250 généalogistes seraient en attente d’un accès pour la prochaine version d’essai.

L’ambition des créateurs de ce site va plus loin : pourquoi ne pas créer un arbre universel de qualité en intégrant les données des meilleures généalogies du site ? Plusieurs grands acteurs se sont déjà cassés les dents sur un tel projet, mais le système d’autorité avec des arbres de grande qualité et des généalogistes fiables pourrait surmonter les problématiques que rencontrent actuellement les grands sites participatifs.

Enfin, je dois signaler que la philosophie du site me plait : une interface qui promet d’être lisible, claire, rapide et simple (« à la google » dira Pierre Ammeloot) le tout propulsé par un site gratuit, sans publicité, sans but lucratif et sans réutilisation commerciale des données (qui a dit wikipédia ?).

Le financement du site devrait se faire via le fundraisings : les utilisateurs de ce service gratuit pourront effectuer des dons à gennus. Mais la participation au site ne sera pas uniquement financière : tous les utilisateurs pourront s’impliquer activement si le coeur leur en dit (traduction, aide, …) et participer à l’amélioration de gennus.org.

Pour en savoir plus :

  1. Demander des informations à pierre@gennus.org 
  2. S’inscrire à la bêta 2 sur gennus.org et espérer être sélectionner pour tester le service
  3. lire une interview de Pierre Ammeloot sur le blog ami rhit-genealogie.blogspot.fr